Un avion n’attend pas. Or, le fret qui doit y être chargé provient de toutes parts et de différents expéditeurs. Cela pose un véritable casse-tête logistique, en particulier autour d’un aéroport comme Schiphol. La capacité des prestataires de services au sol est limitée, le fret doit être livré dans les créneaux horaires prévus et différents expéditeurs se dirigent simultanément vers les mêmes lieux.
Imaginons qu’un vol parte à minuit et que le fret doive être livré avant une heure précise. Chaque expéditeur souhaite disposer d’un délai aussi long que possible pour pouvoir envoyer ses marchandises. Il en résulte que plusieurs transporteurs se dirigent vers le même prestataire de services au sol à peu près au même moment. L’un avec un camion plein, l’autre avec seulement une partie de l’espace de chargement disponible.
Cela entraîne des mouvements de véhicules supplémentaires et une agitation autour des opérations de manutention. Parallèlement, les clients veulent savoir où se trouve leur fret, quelles étapes ont déjà été franchies et si tout se déroule comme prévu. C’est précisément dans cette combinaison que Bos Logistics voit une opportunité d’organiser les choses de manière plus intelligente : rendre le flux physique des marchandises plus efficace et améliorer la visibilité des informations qui l’entourent.
« N’importe quel transporteur est capable d’aller chercher et de livrer une palette », explique Dave Schuurman, étroitement impliqué dans le développement d’On Air Transport au sein de Bos Logistics. « Pour nous, la différence réside avant tout dans ce que l’on organise autour de cela. »
On Air Transport : le maillon clé autour de l'aéroport
On Air Transport concerne le transport entre les prestataires de services au sol à l'aéroport et les entrepôts de Bos Logistics ou de ses clients. En importation, Bos Logistics récupère le fret aérien auprès des différents prestataires de services au sol et l'achemine vers son propre entrepôt ou directement vers celui d'un client.
Pour les exportations, le processus s’inverse. Les marchandises sont collectées au sein du Benelux et acheminées vers un entrepôt, où des opérations complémentaires peuvent être effectuées. Le fret est ensuite acheminé au moment opportun vers le prestataire de services au sol concerné à Schiphol.
Bos Logistics assure depuis de nombreuses années le pré-transport, la distribution, l’entreposage et le post-transport du fret aérien. Le développement d’OAT, lancé il y a environ trois ans, vise à déterminer comment cette dernière partie du processus autour de l’aéroport peut être organisée de manière plus intelligente, plus prévisible et plus transparente.
Il s’agit à la fois de regrouper les flux physiques de fret et les informations qui s’y rapportent. Un portail numérique permet de rendre ce flux d’informations relatif aux envois plus transparent. Ainsi, le transport, les données et la technologie sont réunis au sein d’un même processus.
Pourquoi utiliser cinq camions alors qu'il existe une solution plus intelligente ?
La consolidation est un principe clé de l'OAT. Au lieu d'effectuer autant de trajets individuels que possible vers les mêmes prestataires au sol, Bos Logistics regroupe les flux de fret lorsque cela est possible. En matière d'exportation, cela signifie que les marchandises de différents clients peuvent être regroupées avant d'être acheminées vers l'aéroport. Cela permet une meilleure utilisation des véhicules et réduit le nombre de trajets individuels nécessaires.
À l’importation, le même principe s’applique dans le sens inverse. Un avion à l’arrivée peut transporter du fret destiné à un grand nombre de destinataires différents. Si chaque destinataire envoie séparément un véhicule pour récupérer ses marchandises, cela génère de nombreux déplacements isolés autour du même prestataire de services au sol. En regroupant les flux de fret, le même processus peut être organisé avec moins de véhicules.
Cela revêt une importance particulière dans un aéroport où l'espace et la capacité disponibles sont constamment mis à rude épreuve. La réduction du nombre de mouvements individuels peut contribuer à diminuer la congestion autour des opérations au sol, tandis qu'un meilleur taux de chargement permet d'utiliser plus efficacement la capacité de transport disponible.
La consolidation contribue ainsi à une organisation plus rationnelle des flux de marchandises dans un environnement où de nombreux acteurs dépendent de la même infrastructure. Un meilleur taux de chargement et une réduction des mouvements individuels de véhicules rendent en outre l’exploitation plus efficace et favorisent un transport plus durable. C’est précisément dans un aéroport très fréquenté que l’efficacité opérationnelle et la durabilité peuvent ainsi aller de pair.
D’une pile de papiers à une anticipation des arrivées
Parallèlement, la manière dont le fret est traité à l’aéroport évolue. « Avant, on vous envoyait à Schiphol avec, pour ainsi dire, une pile de papiers », explique Dave. « Aujourd’hui, on consulte d’abord les systèmes : le fret est-il arrivé, puis-je aller le chercher et tient-il dans le véhicule ? »
La pré-déclaration prend également de plus en plus d’importance. Les prestataires de services au sol travaillent de plus en plus avec des créneaux horaires. Un transporteur doit indiquer à l’avance quand il arrivera et quelle marchandise sera livrée ou récupérée. Si la capacité disponible est atteinte au sein d’un créneau horaire donné, le transport doit alors avoir lieu à un autre moment.
Cela exige une planification de plus en plus anticipée : savoir à l’avance ce qui est disponible, ce qui peut être transporté et quand la capacité nécessaire est disponible pour traiter la cargaison. OAT s’inscrit précisément dans cette évolution. Le transport, la planification et l’information sont de plus en plus étroitement liés, ce qui permet d’organiser les flux de marchandises de manière plus structurée.
La marchandise circule. L'information circule avec elle.
Un flux physique efficace de marchandises nécessite également une bonne information. En effet, pour un client, une question importante demeure tout au long du transport : que devient ma marchandise entre-temps ?
C’est pourquoi un portail numérique a été développé autour d’OAT. Grâce à cet environnement, les clients ont un aperçu de leurs envois et des étapes clés du processus. Le transport physique et l’information numérique sont ainsi de plus en plus étroitement liés. Pour Bos Logistics, il s’agit d’un élément important de la modernisation continue de ses opérations de fret aérien : acheminer les marchandises efficacement tout en offrant aux clients une visibilité numérique sur ce qui se passe en cours de route.
Pour Dave, c’est précisément là que réside une part importante de la valeur ajoutée. « Le portail que nous avons développé et la visibilité que nous créons ainsi garantissent également la transparence vis-à-vis de nos clients. » L’effet est très concret : un client a moins besoin de se fier à des appels téléphoniques ponctuels, à des documents ou à des retours d’information pour savoir ce qu’il advient d’un envoi.
Dans le fret aérien, tout repose sur les étapes clés
Cette visibilité revêt une importance particulière dans le fret aérien. Un envoi passe par différentes étapes déterminantes pour le processus. Dans le secteur, on les appelle des « étapes clés ». Quand l’envoi a-t-il été récupéré chez l’expéditeur ? Quand est-il arrivé à Schiphol ? Combien de temps le fret est-il resté dans l’entrepôt ? Quand les éventuelles opérations supplémentaires ont-elles été effectuées ? Et quand l’envoi a-t-il été effectivement livré au prestataire au sol ?
« Les étapes clés sont très importantes dans le fret aérien », explique Dave. « Cela permet également d’avoir une visibilité sur cette dernière partie du parcours. » Selon lui, c’est précisément ce dernier tronçon vers l’opérateur au sol qui était moins transparent jusqu’à il y a environ un an et demi ou deux ans. Rétrospectivement, des documents permettaient de prouver quand un envoi avait été déchargé, alors que cette information était moins directement disponible pendant le processus.
En enregistrant numériquement ces moments clés, on obtient une vision plus complète du parcours d’un envoi, tant pendant le processus qu’après coup. Le client bénéficie ainsi d’une meilleure visibilité sur une partie de la chaîne du fret aérien qui était auparavant plus difficile à suivre.
Ne pas contrôler chaque envoi, mais repérer les anomalies
Une meilleure visibilité modifie également la manière dont une opération logistique peut être gérée. Lorsque le déroulement normal des envois est visible numériquement, un collaborateur n’a pas besoin de contrôler manuellement et en permanence chaque envoi individuel. L’attention peut ainsi être concentrée de manière beaucoup plus ciblée sur les situations où une anomalie est détectée. En effet, un envoi qui se déroule comme prévu ne nécessite pas la même approche qu’un envoi pour lequel une étape clé n’est pas franchie au moment prévu.
On assiste ainsi à une évolution vers une gestion axée sur les exceptions. Les collaborateurs peuvent identifier plus rapidement les situations nécessitant une intervention et concentrer leur attention précisément là où les compétences humaines et une réaction rapide font la différence.
Lorsqu’on lui demande quel est, en fin de compte, le principal avantage de ce développement pour les clients, Dave n’a pas besoin de réfléchir longtemps : « La visibilité et la transparence. Sans aucun doute. » Pour le client, cela signifie bien plus que simplement savoir où se trouve un envoi. Cela apporte davantage de clarté tout au long du processus, permet de détecter plus tôt les anomalies et réduit l’incertitude. C’est précisément cette combinaison qui contribue à une meilleure expérience client et, en fin de compte, à la satisfaction client.
Technologie et connaissance des opérations
Au cours des dernières années, OAT a été développé à partir de différentes disciplines au sein de Bos Logistics. L’orientation initiale a été définie par Frank Bos junior, après quoi des collègues issus des domaines de la Business Intelligence, de la gestion de projet, du transport, de la planification et de l’exécution quotidienne ont collaboré tant sur l’aspect numérique que sur l’aspect opérationnel du concept. Selon Dave, une vingtaine de personnes ont été impliquées à un moment ou à un autre au cours du développement.
C’est précisément cette approche multidisciplinaire qui est essentielle. Un portail doit non seulement fonctionner correctement sur le plan technique, mais aussi correspondre à la réalité des chauffeurs, des planificateurs, des entrepôts, des clients et des prestataires de services au sol. Une idée opérationnelle intelligente gagne ensuite en efficacité lorsque les informations qui l’entourent sont elles aussi bien organisées.
OAT est ainsi un exemple concret de la manière dont la numérisation et l’innovation au sein de Bos Logistics s’intègrent dans la logistique quotidienne. La technologie, les données et l’expertise opérationnelle sont mises en synergie pour organiser les processus de manière plus intelligente, plus transparente et, à terme, plus évolutive.
La prochaine étape : une prévisibilité croissante
Cette évolution se poursuit. L’un des objectifs est de poursuivre la numérisation des processus et, à terme, de travailler autant que possible sans documents papier. Les documents physiques qui font encore partie de certains processus doivent disparaître dans la mesure du possible. Les informations éparses transmises par e-mail peuvent également être progressivement réduites lorsque les écritures comptables, les statuts et les documents associés sont disponibles de manière centralisée sous forme numérique.
Cela permet d’avoir une meilleure vue d’ensemble et de réduire le traitement manuel, tout en s’inscrivant dans la tendance générale vers des opérations logistiques plus modernes et plus durables. La réduction de la consommation de papier n’en est qu’un aspect. Il est tout aussi important que les informations soient immédiatement disponibles sous forme numérique et puissent être utilisées tout au long du processus.
Cette ambition va d’ailleurs au-delà des documents. Bos Logistics souhaite, à terme, organiser de manière toujours plus planifiée les mouvements impliquant les prestataires de services au sol, par exemple en livrant et en récupérant le fret à des moments fixes de la journée. Les clients sauront ainsi quand aura lieu le prochain mouvement et pourront y inscrire le fret disponible.
Cela permettra de regrouper de plus en plus les flux de marchandises en mouvements prévisibles. Plus le fret pourra être regroupé de cette manière, plus l’utilisation des véhicules sera efficace et mieux la capacité disponible autour de l’aéroport pourra être exploitée.
Passer de l'exécution du transport à l'organisation des flux
C'est là que converge finalement le développement d'OAT. Dans un environnement dynamique comme celui de Schiphol, une grande valeur ajoutée est créée en organisant efficacement tous les aspects liés au trajet physique.
Savoir quand le fret est disponible, combiner intelligemment différents flux de marchandises, tenir compte à l’avance des créneaux horaires disponibles et mettre en évidence les étapes déjà franchies. L’opération gagne ainsi en prévisibilité et les collaborateurs peuvent concentrer leur attention sur les moments où une action est réellement nécessaire. Le rôle évolue donc de plus en plus vers l’organisation et la gestion du flux logistique.
Pour les clients, cela se traduit par davantage de visibilité, de transparence et de prévisibilité. Pour l’exploitation, cela implique une utilisation plus intelligente des véhicules et des informations. Et dans un aéroport où de nombreux acteurs partagent simultanément une capacité limitée, la consolidation et un taux de chargement plus élevé peuvent contribuer à réduire les déplacements inutiles de véhicules.
OAT rassemble ainsi différentes tendances qui prennent de plus en plus d'importance pour l'avenir de la logistique : la numérisation, l'innovation, l'efficacité et le développement durable. Le portail numérique garantit visibilité et transparence, tandis que la consolidation permet d’organiser plus intelligemment les flux physiques de marchandises. Ainsi, l’innovation numérique et l’expertise logistique se rejoignent dans les opérations quotidiennes et se renforcent mutuellement. C’est là que réside, en fin de compte, la force du fret aérien intelligent : organiser l’ensemble des mouvements de la manière la plus intelligente possible.
